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Loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 sur les activités financières ALBERT II PAR LA GRACE DE DIEU PRINCE SOUVERAIN DE MONACO Avons PDF

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Loi n° 1.338 du 7 septembre 2007 sur les activités financières

ALBERT II
PAR LA GRACE DE DIEU
PRINCE SOUVERAIN DE MONACO
Avons sanctionné et sanctionnons la loi dont la teneur suit, que le Conseil National a adoptée dans sa
séance du 4 septembre 2007.
ARTICLE PREMIER.
Est soumis aux dispositions de la présente loi, l'exercice, à titre habituel ou professionnel, des
activités ci-après énumérées :
1°) la gestion, pour le compte de tiers, de portefe uilles de valeurs mobilières ou d'instruments
financiers à terme ;
2°) la gestion de fonds communs de placement ou d'a utres organismes de placement collectif de droit
monégasque ;
3°) la réception et la transmission d'ordres sur le s marchés financiers, portant sur des valeurs
mobilières ou des instruments financiers à terme, pour le compte de tiers ;
4°) le conseil et l'assistance dans les matières vi sées aux chiffres 1) à 3) ;
5°) l'exécution d'ordres pour le compte de tiers ;
6°) la gestion d'organismes de placement collectif de droit étranger ;
7°) la négociation pour compte propre.
Ne sont pas soumises aux dispositions de la présente loi les activités énoncées aux chiffres 1) à 6)
lorsqu'elles sont effectuées par des entreprises au seul bénéfice des personnes morales qui les
contrôlent directement ou indirectement et des personnes morales que ces dernières contrôlent.
SECTION I
DE LA PROCEDURE D'AGREMENT
ART. 2.
L'exercice des activités mentionnées à l'article précédent est subordonné à l'obtention préalable d'un
agrément délivré par la Commission de contrôle des activités financières instituée à l'article 10.
ART. 3.
L'agrément peut exclusivement être délivré à :
1°) des sociétés anonymes monégasques ;
2°) des établissements de crédit dont le siège soci al est situé dans un Etat étranger, qui disposent
d'une succursale dans la Principauté.
ART. 4.
L'agrément peut être délivré pour tout ou partie des activités énoncées à l'article premier.
L'agrément délivré pour l'activité mentionnée au chiffre 2) de l'article premier ne peut autoriser, en
outre, que l'exercice des activités visées aux chiffres 1), 4) et 6) de l'article premier.

ART. 5.
Pour obtenir l'agrément, les sociétés visées à l'article 3 doivent justifier des conditions ci-après,
lesquelles doivent être appréciées par la Commission de contrôle des activités financières :
1°) d'une garantie financière suffisante appréciée au regard de la qualité des apporteurs de capitaux,
directs ou indirects ;
2°) de l'honorabilité, de l'expérience et de la com pétence professionnelle de leurs dirigeants ;
3°) d'une installation et d'un personnel permettant la mise en oeuvre des activités mentionnées dans
l'agrément.
ART. 6.
Les sociétés anonymes monégasques qui n'ont pas la qualité d'établissement de crédit doivent
également justifier :
1°) d'un objet social exclusif visant tout ou parti e des activités mentionnées à l'article premier ;
2°) d'un capital dont le montant minimal, fixé par ordonnance souveraine, est entièrement libéré en
numéraire.
ART. 7.
La composition et le contenu du dossier de demande d'agrément sont définis par ordonnance
souveraine.
La Commission de contrôle des activités financières informe les sociétés concernées, dans un délai
de six mois dès réception d'un dossier complet de demande d'agrément, de sa décision relative à
cette demande.
ART. 8.
Les modifications, postérieures à la délivrance de l'agrément, d'un ou plusieurs éléments
caractéristiques figurant au dossier mentionné à l'article précédent doivent être communiquées sans
délai à la Commission de contrôle des activités financières qui peut enjoindre à la société de solliciter
la délivrance d'un nouvel agrément ou de mettre en oeuvre, dans le délai qu'elle détermine, toutes
mesures rendues nécessaires par ces modifications.
ART. 9.
L'avis de délivrance d'agrément est publié au Journal de Monaco.
SECTION II
DE LA COMMISSION DE CONTROLE
DES ACTIVITES FINANCIERES
ART. 10.
Il est institué une Commission de contrôle des activités financières, ci-après dénommée la
Commission, chargée de veiller à l'application de la présente loi et de ses textes d'application.
A l'effet d'accomplissement de sa mission, la Commission, en toute indépendance et sous l'autorité de
son Président :
1°) statue sur les demandes d'agrément après avoir procédé à leur instruction et délivre lesdits
agréments dans le délai fixé à l'article 7 ;
2°) veille à la régularité des opérations effectuée s par les sociétés agréées ;

3°) reçoit et instruit les réclamations qui lui son t présentées par toute personne justifiant d'un intérêt ;
4°) effectue des contrôles dans les conditions déte rminées à la présente section aux fins, s'il y a lieu,
de faire cesser les irrégularités constatées ou d'en supprimer les effets conformément à l'article 19 ;
5°) prononce les sanctions administratives dans les conditions déterminées à la section IV.
La Commission peut, aux fins d'accomplissement de sa mission, conclure des conventions organisant
ses relations avec les autorités étrangères exerçant des compétences analogues aux siennes.
ART. 11.
La Commission est composée :
1°) du Président de l'Association Monégasque des Ac tivités Financières ou de son représentant ;
2°) du Président de l'Ordre des Experts-comptables ou de son représentant ;
3°) de sept membres au moins, choisis en raison de leurs compétences et nommés par ordonnance
souveraine pour une période de cinq ans renouvelable.
L'ordonnance souveraine qui les nomme désigne également le Président et le Vice-président de la
Commission.
Les fonctions de Président de l'Association Monégasque des Activités Financières et de Président de
l'Ordre des Experts-comptables sont incompatibles avec celle de Président de la Commission.
Le Bureau comprend le Président et le Vice-président de la Commission ainsi qu'un membre de la
Commission élu chaque année par ses pairs.
Les règles de fonctionnement de la Commission sont déterminées par ordonnance souveraine.
ART. 12.
La Commission peut, dans le strict respect de la mission qui lui est confiée et sans que le secret
professionnel puisse lui être opposé, si ce n'est par les notaires et autres auxiliaires de justice :
1°) obtenir communication de tous documents diffusé s par les sociétés agréées ainsi que toutes les
pièces qu'elle estime utiles et, notamment, tous contrats, livres, documents comptables et registres de
procès-verbaux, ainsi que tous documents et toutes informations relatifs au bénéficiaire final des
opérations effectuées par ces sociétés dont elles doivent connaître l'identité conformément à l'article
10 de la loi n° 1.162 du 7 juillet 1993 modifiée ;
2°) recueillir les informations utiles à l'exercice de sa mission auprès des tiers ayant accompli des
opérations pour le compte des sociétés agréées ;
3°) procéder à la convocation et à l'audition des d irigeants ou des représentants des sociétés agréées
ainsi que de toutes personnes susceptibles de lui fournir des informations concernant les affaires dont
elle est saisie ; les personnes convoquées peuvent se faire assister d'un conseil de leur choix ;
4°) accéder à tous les locaux professionnels des so ciétés ou succursales contrôlées pour procéder à
des enquêtes.
ART. 13.
Aux fins d'accomplissement de la mission de la Commission, son Président peut, sur décision du
Bureau, habiliter une ou des personnes en vue de procéder à une enquête.
Il peut décider, sur avis favorable du Bureau, de désigner un expert à l'effet d'assister les personnes
habilitées en vertu de l'alinéa précédent. Cet expert doit également faire l'objet d'une habilitation.

A cet effet, ces personnes reçoivent un ordre de mission nominatif, établi et signé par le Président,
faisant état de l'habilitation de son titulaire et devant être présenté à la demande des autorités ou des
personnes concernées.
Les personnes habilitées peuvent accéder à tous locaux professionnels et procéder, sur pièces ou sur
place, à toutes opérations d'enquête qu'elles jugent nécessaires. Elles peuvent, à cette fin, demander
la communication de tous documents professionnels, et en prendre copie si nécessaire, ainsi que
recueillir auprès de toute personne, sur convocation ou sur place, tous renseignements ou
justifications utiles. Les personnes auditionnées peuvent se faire assister d'un conseil de leur choix.
La visite des locaux et les enquêtes sur place ne peuvent avoir lieu qu'entre six et vingt et une heures
et en présence des dirigeants ou des représentants des sociétés agréées ou, à défaut, d'un officier de
police judiciaire requis à la demande des personnes habilitées.
Lorsque, dans l'exercice des attributions qui leur sont conférées par le Président de la Commission,
sur décision du Bureau, les personnes habilitées acquièrent la connaissance de faits susceptibles de
recevoir la qualification de crimes ou de délits, elles en avisent sans délai le Président de la
Commission, lequel, sur décision du Bureau, en informe le Procureur Général.
ART. 14.
Les membres de la Commission et les personnes habilitées en vertu de l'article précédent sont tenus
au secret professionnel dans les conditions prévues à l'article 308 du Code pénal. Ils sont, en outre,
liés par l'obligation de discrétion pour tout ce qui concerne les faits et informations dont ils ont
connaissance dans l'exercice de leur mission.
Le secret professionnel et l'obligation de discrétion ne peuvent être opposés à l'autorité judiciaire
agissant dans le cadre d'une procédure pénale.
ART. 15.
Aucune poursuite fondée sur l'article 308 du Code pénal ne peut être intentée contre l'organisme
financier, ses dirigeants, ses préposés ou toute autre personne qui, conformément aux dispositions
des articles 12 et 13, ont, de bonne foi, transmis des informations, communiqué des documents ou
participé à une audition.
Aucune action en responsabilité civile ne peut être engagée ni aucune sanction professionnelle
prononcée contre ces mêmes personnes lorsqu'elles ont agi dans les conditions du précédent alinéa.
Ces dispositions sont applicables même lorsque la preuve du caractère délictueux des faits ayant
suscité la transmission, la communication ou l'audition n'est pas rapportée ou lorsque ces faits ont
donné lieu à une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement.
ART. 16.
Pour les besoins de la surveillance sur base consolidée des sociétés mères des sociétés agréées, la
Commission peut, sur demande d'une autorité étrangère de supervision, lui transmettre des
informations sur ces dernières ; elle peut, aux mêmes fins, procéder ou faire procéder à des enquêtes,
conformément aux dispositions des articles 12 et 13.
La Commission peut également procéder ou faire procéder auxdites enquêtes, à la demande
d'autorités étrangères compétentes pour la surveillance des marchés financiers, en vertu d'une
convention de coopération et d'échange d'informations conclue entre elle et lesdites autorités.
Dans le cadre des auditions menées en application des deux précédents alinéas, le Bureau peut, le
cas échéant, autoriser un représentant de l'autorité étrangère à assister à celles-ci.
Le secret professionnel et l'obligation de discrétion prévus à l'article 14 ne font pas obstacle à la
communication, par la Commission, des informations qu'elle détient ou qu'elle recueille, à leur

demande, aux autorités étrangères qui ont signé une convention avec elle.
Toutefois, la transmission d'informations à une autorité étrangère de supervision ou l'assistance
demandée par une autorité étrangère de surveillance des marchés financiers, avec laquelle une
convention de coopération et d'échange d'informations a été signée, peut être refusée lorsque
l'exécution de la demande est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité, aux intérêts
économiques essentiels ou à l'ordre public monégasques, ou lorsqu'une procédure pénale
quelconque a déjà été engagée à Monaco sur la base des mêmes faits et contre les mêmes
personnes, ou bien lorsque celles-ci ont déjà été, pour les mêmes faits, sanctionnées par une décision
administrative ou judiciaire.
ART. 17.
La communication d'informations à des autorités étrangères mentionnées à l'article précédent avec
lesquelles une convention de coopération et d'échange d'informations a été signée n'est possible que
sous réserve de réciprocité et à condition que ladite autorité soit soumise au secret professionnel avec
les mêmes garanties qu'en Principauté. Ces informations ne peuvent être utilisées à d'autres fins que
celles pour lesquelles elles ont été communiquées.
ART. 18.
La Commission de contrôle des activités financières succède dans ses droits et obligations à la
Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités boursières assimilées et à la
Commission de surveillance des organismes de placement collectif en valeurs mobilières.
ART. 19.
Lorsque la Commission constate que les dispositions législatives ou réglementaires dont elle surveille
l'application ne sont pas respectées, elle met en demeure la société agréée concernée afin de faire
cesser les irrégularités constatées ou d'en supprimer les effets, dans le délai qu'elle détermine.
Lorsque la mise en demeure est restée infructueuse au terme du délai imparti, le Président de la
Commission peut, sur décision du Bureau, demander au Président du Tribunal de Première Instance,
saisi et statuant comme en matière de référé, d'ordonner à la société agréée de se conformer à la
mise en demeure. Celui-ci peut assortir sa décision d'une astreinte. Il peut également prendre, s'il en
est requis, toutes mesures conservatoires nécessaires à la sauvegarde des intérêts des clients de la
société agréée.
ART. 20.
L'Etat est représenté en justice, à raison des activités de la Commission, par le Président de celle-ci.
Copie des exploits concernant la Commission est laissée en ses bureaux.
SECTION III
DES CONDITIONS D'EXERCICE DE L'ACTIVITE
DES SOCIETES AGREEES
ART. 21.
Toute société agréée est tenue d'adhérer à l'Association Monégasque des Activités Financières.
ART. 22.
Les sociétés agréées doivent pouvoir justifier, à chaque clôture d'exercice, d'un fonds social dont le
montant est au moins égal à celui du capital minimal visé au chiffre 2) de l'article 6.
ART. 23.

Les sociétés agréées sont tenues d'observer les règles prudentielles et de bonne conduite définies
par ordonnance souveraine.
ART. 24.
Il est interdit aux sociétés agréées de recevoir de leurs clients des dépôts de fonds, de titres ou de
métaux précieux et d'effectuer des opérations entre le compte d'un client et leur propre compte ou des
opérations directes entre les comptes des clients.
Sous réserve des dispositions de l'article suivant et des deux derniers alinéas de l'article 26,
l'interdiction mentionnée au précédent alinéa ne fait pas obstacle à ce que les sociétés agréées
reçoivent mandat d'effectuer des dépôts ou des retraits de titres ou de fonds, pour le compte des
clients, à condition qu'une procuration spéciale, renouvelable pour chaque opération, soit établie par
écrit par lesdits clients.
ART. 25.
Les sociétés agréées ne peuvent recevoir des clients d'autres mandats que ceux relatifs aux activités
mentionnées dans l'agrément délivré en vertu de l'article 2 ou de l'article 8.
ART. 26.
Les mandats donnés par les clients aux sociétés agréées pour l'exercice de l'activité visée au chiffre
1) de l'article premier font l'objet de conventions à exécution successive, écrites, signées par les
parties et conformes aux règles définies par ordonnance souveraine.
Les sociétés agréées doivent exercer leurs activités de gestion de portefeuilles au bénéfice exclusif
des clients, conformément aux stipulations des mandats susmentionnés.
Elles ne doivent pas utiliser ces mandats à des fins autres que celles à raison desquelles ils leur ont
été confiés.
ART. 27.
Les fonds ou titres confiés en gestion sont déposés par le client dans un établissement de crédit qui
assure la conservation des titres et la tenue des comptes espèces et titres et comptabilise les
interventions sur les divers marchés autorisés.
La Commission peut demander que l'établissement de crédit dépositaire soit situé en Principauté.
L'établissement de crédit dépositaire n'est pas responsable des négociations, menées pour son client,
par la société agréée gestionnaire.
Il ne doit pas accepter de dépôt ou de retrait de fonds ou de titres à l'initiative de la société agréée,
sauf procuration spéciale établie par le client par écrit et renouvelable pour chaque opération.
L'ouverture du compte fait l'objet d'une convention écrite, signée par les parties.
ART. 28.
Toute société agréée est tenue de communiquer à la Commission les documents relatifs à ses
activités et destinés à ses clients ou au public préalablement à leur publication ou à leur diffusion.
Lorsque la Commission constate des inexactitudes ou des omissions dans les publications prévues
par les dispositions législatives et réglementaires ou dans les documents visés au précédent alinéa,
elle peut interdire la diffusion des publications ou des documents concernés ou ordonner les
modifications nécessaires à y apporter.
ART. 29.

Sont interdites les démarches effectuées au domicile ou à la résidence des personnes, sur leurs lieux
de travail ou dans les lieux publics, à l'exception des locaux des sociétés agréées, afin de proposer,
oralement ou par écrit, par communications téléphoniques ou par des moyens télématiques ou
informatiques, les services d'une société agréée.
Ces démarches peuvent toutefois être autorisées par la Commission, selon les modalités déterminées
par l'autorisation.
La mention, à des fins publicitaires, de l'agrément mentionné à l'article 2, présenté notamment comme
constituant un label de qualité de la gestion, est strictement interdite.
ART. 30.
Dans le délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice comptable, la société agréée adresse à
la Commission un rapport annuel d'activité, un bilan et une attestation établis conformément aux
règles fixées par ordonnance souveraine.
ART. 31.
Les sociétés anonymes monégasques agréées désignent, pour trois exercices consécutifs, deux
commissaires aux comptes choisis parmi les experts-comptables inscrits au tableau des membres de
l'Ordre prévu par le chiffre 3) de l'article 20 de la loi n° 1.231 du 12 juillet 2000.
Les commissaires aux comptes établissent une attestation sur le rapport annuel d'activité visé à
l'article précédent préalablement à sa transmission à la Commission et conformément aux modalités
définies par ordonnance souveraine. A cet effet, les sociétés qui exercent leur activité sous la forme
de succursales de sociétés étrangères désignent un commissaire aux comptes choisi parmi les
professionnels visés au précédent alinéa.
Sans que leur responsabilité puisse être engagée, sauf dans le cas prévu par l'article 307 du Code
pénal, les commissaires aux comptes révèlent au Procureur Général les faits délictueux dont ils ont
connaissance à l'occasion de l'accomplissement de leur mission.
Ils avisent en outre la Commission lorsqu'ils constatent, à l'occasion de l'accomplissement de leur
mission, que l'activité de la société n'est pas conforme à celle pour l'exercice de laquelle l'agrément
mentionné à l'article 2 et à l'article 8 lui a été délivré.
ART. 32.
Les obligations imposées aux sociétés agréées par les articles 24, 25, 28, 29 et 41 ne s'appliquent
pas aux établissements de crédit.
ART. 33.
Toute personne physique qui, à un titre quelconque, participe à l'administration, à la direction ou à la
gestion d'une société agréée ou qui est employée par celle-ci est tenue au secret professionnel dans
les conditions et sous les peines prévues à l'article 308 du Code pénal.
Le secret professionnel ne peut être opposé à l'autorité judiciaire agissant dans le cadre d'une
procédure pénale.
En outre, les sociétés agréées doivent, s'il y a lieu, communiquer à leurs sociétés mères les
informations nécessaires à la surveillance sur base consolidée d'une autorité de supervision
étrangère, si elles y sont soumises.
Ces informations ne peuvent être transmises à des tiers, hormis l'autorité de supervision de la société
mère, qu'avec l'accord préalable de la société agréée concernée.

SECTION IV
DES SANCTIONS ADMINISTRATIVES ET
DES MESURES DE SAUVEGARDE
ART. 34.
Sans préjudice des sanctions pénales, lorsqu'elle constate une méconnaissance des obligations
prescrites par la présente loi et ses textes d'application, la Commission peut prononcer, à l'encontre
d'une société agréée, un avertissement ou un blâme.
Elle peut également prononcer soit la suspension temporaire de l'agrément pour une durée inférieure
à six mois, soit son retrait définitif, lorsque la société agréée :
1°) ne s'est pas livrée, sans motif légitime, à une activité notable pendant une période de douze mois
ou a renoncé expressément à son agrément ;
2°) ne dispose plus d'une installation ou d'un pers onnel permettant la poursuite des activités visées
dans l'agrément ;
3°) a obtenu son agrément au moyen de fausses décla rations ou par tout autre moyen irrégulier ;
4°) ne remplit plus les conditions en vertu desquel les l'agrément a été délivré ;
5°) a méconnu les dispositions de la présente loi o u de ses textes d'application de manière
substantielle et réitérée ;
6°) lorsque la poursuite de son activité est de nat ure à porter atteinte aux intérêts des clients.
ART. 35.
Une procédure susceptible d'aboutir au prononcé des sanctions administratives ne peut être engagée
sur la base de faits remontant à plus de trois ans s'il n'a été fait, pendant ce délai, aucun acte tendant
à leur recherche, à leur constatation ou à leur sanction.
ART. 36.
Lorsque la Commission décide d'engager une procédure susceptible d'aboutir au prononcé de
sanctions administratives, elle en avise la personne concernée par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception postal.
Cette lettre précise les motifs pour lesquels la sanction est envisagée et informe en outre l'intéressé
de ce qu'il :
- dispose d'un délai de deux mois, à compter de son envoi, pour transmettre au Bureau ses
observations écrites ;
- peut prendre connaissance et copie des pièces du dossier auprès de la Commission ;
- peut se faire assister ou représenter par tout conseil de son choix.
Le dossier comprend les pièces sur lesquelles la Commission s'est fondée pour engager la procédure.
ART. 37.
Le Bureau désigne au sein de la Commission un rapporteur. La personne concernée peut être
entendue par le rapporteur à sa demande ou si celui-ci l'estime opportun. Le rapporteur peut
également entendre toute personne dont l'audition lui paraît utile.
Le rapporteur consigne, dans un rapport, la relation de ses investigations et contrôles ainsi que leur

résultat. Ce rapport est communiqué au Bureau ainsi qu'à la personne concernée par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception postal.
ART. 38.
Au vu du rapport et s'il estime que la procédure doit se poursuivre, le Bureau convoque à une
prochaine audience de la Commission la personne concernée par lettre recommandée avec demande
d'avis de réception. La date de l'audience ne peut être fixée à moins de trente jours francs à compter
de l'envoi de la convocation. Cette lettre précise que la personne concernée dispose d'un délai de
vingt et un jours francs pour faire connaître par écrit ses observations sur le rapport.
ART. 39.
Lors de l'audience, le rapporteur présente l'affaire. Le Bureau et la personne concernée peuvent
ensuite faire entendre toute personne dont ils estiment l'audition utile.
Est enfin entendue la personne concernée et, le cas échéant, son conseil. Si l'une ou l'autre, en dépit
de la convocation dûment notifiée conformément à l'article précédent, ne se présente pas à
l'audience, il en est fait mention au procès-verbal prévu au quatrième alinéa.
Au terme de l'audience, la commission délibère hors la présence du rapporteur, de la personne
concernée et de son conseil. La voix du Président est prépondérante en cas de partage.
En cas d'absence ou d'empêchement du Président, son remplacement est assuré par le Viceprésident, la voix de ce dernier étant alors prépondérante lors de la délibération.
Un représentant de la Direction du Budget et du Trésor assure le secrétariat de l'audience et de la
délibération. Il en dresse procès-verbal.
Ce procès-verbal mentionne les noms des membres de la Commission qui ont pris part à la
délibération, relate succinctement la teneur des auditions et débats à l'audience et précise la décision
de la Commission. Si celle-ci consiste en une suspension temporaire ou en un retrait d'agrément, le
procès-verbal précise les conditions de délai et de mise en oeuvre de la sanction. Le procès-verbal est
signé par le Président de la Commission, le rapporteur et le secrétaire de séance.
Il est notifié à la personne concernée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Les décisions prononçant des sanctions de suspension ou de retrait d'agrément sont publiées au
Journal de Monaco.
ART. 40.
Les dispositions des articles 35 à 39 ne s'appliquent pas à la décision de retrait ou de suspension
temporaire d'agrément résultant du renoncement exprès de la société visé au chiffre 1) de l'article 34.
ART. 41.
La société monégasque dont l'agrément a été retiré doit être dissoute selon la procédure et dans les
délais prévus par les articles 5 à 7 de la loi n° 7 67 du 8 juillet 1964.
A défaut d'exécution, le Ministre d'Etat peut demander au Président du Tribunal de Première Instance
de prononcer la dissolution de la société et de commettre un mandataire de justice chargé des
opérations de liquidation.
ART. 42.
Sans préjudice des sanctions administratives susceptibles d'être prononcées en vertu des dispositions
de la présente section, le Bureau peut, si l'urgence le justifie et en cas de méconnaissance d'une ou
plusieurs obligations prescrites par la présente loi, suspendre provisoirement, par décision motivée,
l'agrément pour une durée d'au plus trois mois.

Le Président du Tribunal de Première Instance, saisi et statuant comme en matière de référé, peut
ordonner la levée de la mesure prescrite en vertu du précédent alinéa.
SECTION V
DES SANCTIONS PENALES
ART. 43.
Quiconque se livre ou tente de se livrer, en son propre nom ou à quelque titre que ce soit, à tout ou
partie des activités définies à l'article premier sans avoir obtenu l'un des agréments nécessaires en
vertu de l'article 2 ou de l'article 8, est puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et de l'amende
prévue au chiffre 4) de l'article 26 du Code pénal dont le maximum peut être porté jusqu'au montant
du profit éventuellement réalisé, ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART. 44.

Sont punis des peines prévues à l'article précédent ou de l'une de ces deux peines seulement :
1°) les dirigeants des sociétés agréées dont les ac tivités ne sont pas conformes à l'objet social
exclusif visé au chiffre 1) de l'article 6 ou qui excèdent, sous réserve d'autres agréments, les limites
déterminées par l'agrément délivré en vertu des articles 2 ou 8 ;
2°) les dirigeants des sociétés agréées qui exercen t tout ou partie des activités définies à l'article
premier après que l'agrément, dont ces sociétés étaient titulaires en vertu de l'article 2 ou de l'article 8,
ait été totalement ou partiellement retiré ou temporairement suspendu, ou après que le tribunal ait
interdit la poursuite de l'activité.
ART. 45.
Sont punis des peines prévues à l'article 43 ou de l'une de ces deux peines seulement :
1°) les dirigeants des sociétés agréées qui, en l'a bsence de la procuration spéciale mentionnée par
l'article 24, reçoivent des clients un ou plusieurs dépôts prohibés par cet article ou qui effectuent une
ou plusieurs opérations interdites par le même article ;
2°) les dirigeants des sociétés agréées qui reçoive nt des clients un ou plusieurs mandats autres que
ceux prévus par les articles 25 et 26 ;
3°) les dirigeants des sociétés agréées qui ne rech erchent pas l'intérêt exclusif des clients ou qui
utilisent les mandats de gestion détenus à des fins autres que celles visées aux articles 25 et 26 ;
4°) les dirigeants des établissements de crédit dép ositaires des titres ou espèces confiés en gestion
qui acceptent, en l'absence de procuration spéciale, un ou plusieurs dépôts ou retraits prohibés par
l'article 27.
ART. 46.
Sont punis d'un emprisonnement de un à cinq ans et de l'amende prévue au chiffre 4) de l'article 26
du Code pénal ou de l'une de ces deux peines seulement :
1°) les dirigeants des sociétés agréées qui mettent obstacle aux vérifications ou aux contrôles des
commissaires aux comptes ou qui refusent à ceux-ci la communication des pièces utiles à l'exercice
de leur mission ;
2°) les dirigeants des sociétés agréées qui refusen t de communiquer à la Commission ou aux
personnes qu'elle habilite en vertu de l'article 13 les pièces utiles à l'accomplissement de leur mission
;

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